Gianluca Gamberini - Réminiscences

Ayant travaillé en tant qu’assistant-réalisateur pour de grosses productions hollywoodiennes ou des films d’auteur (Woody Allen, Spike Lee), c’est dans ce contexte que Gianluca Gamberini a commencé à photographier les décors abandonnés de Cinecittà, mythique studio de cinéma italien aujourd’hui menacé de fermeture, mais où semblent pourtant encore planer les âmes de ceux qui ont fait les grandes heures du septième art à l’italienne. Au cœur de ses architectures de pacotille, illusion et réalité se confondent, dans un soupçon de nostalgie.

Où se cache, où se délivre cette sensation d’y avoir été, là, à la marge de cette scène ? Dans la lumière saturée qui nimbe les fûts torsadés ? Ou encore dans cette échappée, au centre, où bruissent des eucalyptus ? Remémoration de voyages au Levant, le long de routes bordées de leurs hautes silhouettes, haltes sous l’ombre tiède, pans de ciel miroitant dans les feuillages aux tons d’argent. Puis glissando sur la blancheur du pied allant vers la gauche, énorme. Atterrissage sur le sol. Et éblouissement de la couleur, de la couleur de ce bitume d’un noir luisant, d’un noir qui contraste avec les fûts, les fers, le sépia s’estompant des eucalyptus. Marche lente de cette diagonale qui part du songe tremblé, presque aveuglé, et avance à rebours vers la netteté, la couleur. Au sol, défait, un ruban rouge et blanc traîne, sans importance. L’important est désormais ailleurs.

 

Gianluca Gamberini réagit

"Dans cette image, le sentiment de « déjà vécu » vient probablement de l'endroit où elle a été prise. Cette série photographique prend place à l'intérieur des célèbres studios de cinéma de Cinecittà à Rome. J'ai utilisé délibérément un style documentaire pour représenter les décors abandonnés dans cet espace magique chargé d'histoire et de rêves. En tant que photographe, cela me satisfait de voir que mon travail peut évoquer d'une manière universelle des souvenirs et des images personnelles, ramenant à la surface des visions oniriques et lointaines."

 

Décryptage : Catherine Minot

VISUELGianluca Gamberini, Cinecittà#18 - Rome, 2008. Avec l’aimable autorisation de l’artiste

www.gianlucagamberini.com