ENTRE et le dessin

Marion Balac / Sylvia Plath

"Les lavis bleus de l'aube se diluent doucement.

Posé sur son buvard de brume

Chaque arbre est un dessin d'herbier –

Mémoire accroissant cercle à cercle

Une série d'alliances."

SANDRA PLANTIVEAU : "Le temps devient une mesure du dessin au même titre que les dimensions"

Fascinée, inspirée, submergée, transcendée par l’acte même de dessiner… Il est difficile de définir la posture qu’adopte Sandra Plantiveau dans son travail, tant elle semble mue par un besoin plus que vital d’explorer, explorer et explorer toujours plus avant ce qui fait la matière même du dessin. Et nous d’être fascinés, inspirés, submergés, transcendés par ses créations.

Destruction naturelle : Sandra Plantiveau vs. Piet Mondrian

Fruit d’un geste long et minutieux, les dessins de Sandra Plantiveau sont des explorations immersives de la matière. Matières minérales et végétales (pierres, écorces de bois…) qu’elle représente, mais aussi matière même du dessin : fibres du papier comme grain du crayon. À travers une série de peintures d’arbres, Piet Mondrian fut, lui, un des premiers à s’affranchir de la figuration. À la représentation naturelle des choses, il préfère la « représentation des lois qui tiennent la matière ensemble ». L’un comme l’autre se jouent de la frontière toujours plus ténue avec l’abstraction.

MATTHEW PICTON - Réalité augmentée

Maquettes conçues à partir de pages de romans ou de partitions de musique, dentelles de films plastique qui se superposent… Avec méticulosité, Matthew Picton élabore des cartographies dans l’espace et le temps. Des traditionnels plans de ville il s’éloigne pour complexifier ce qui n’est habituellement qu’une abstraction faite de lignes, de couleurs et de symboles, et l’enrichir de toute une histoire passée. Car pour cet ancien étudiant en sciences politiques, la ville est cet organisme vivant à la structure façonnée au fil des siècles par les bouleversements sociaux, politiques ou économiques qu’elle a traversés.

FRANCOIS MORELLET : "Je me suis toujours méfié des génies"

A 88 ans, François Morellet, éminent membre de la corporation des Rigoureux Rigolards, persiste et signe : il n’y a pas plus de génies que de mystère de l’art. Pour lui qui vient de réaliser sa 135e intégration architecturale au Palais-Royal, seul compte le spectateur, celui qui regarde et donne du sens à l’œuvre. Entretien en toute simplicité avec cet adepte de l’autodérision fan de Devos et d’Alphonse Allais.

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