Arts

Elémentaires

Entre le végétal et l’organique, les sculptures monumentales d’Henrique Oliveira surgissent des lieux qu’elles envahissent, telles des tumeurs architecturales. Faites du même bois que celui utilisé pour construire les palissades des chantiers au Brésil, ces excroissances sont la métaphore des favelas qui poussent de façon presque endémique dans son pays d’origine. De son côté, herman de vries, dans un approche contemplative et presque mystique de la nature, dresse l’inventaire de feuilles d’arbres, de fleurs, de bouts de bois ou encore de pierres récupérées au hasard de ses voyages, avec la volonté de montrer « l’universalité du paysage et la réalité primaire de la nature ». De leur rencontre naît une spectaculaire douceur.

Thomas Ruffalo - Généalogie

Pour mieux définir ce qui le pousse à prendre des photos, Thomas Ruffalo cite volontiers cette phrase extraite de L’été dernier. Manifeste photobiographique de Claude Nori et Gilles Mora : « A la question paralysante que se posent beaucoup d’entre nous : "Que photographier ?" Nous répondons simplement : notre vie, les crêtes qui peuvent trancher l’horizon plat de l’existence. James Joyce appelait cela des épiphanies.»

Marion Balac / Sylvia Plath

"Les lavis bleus de l'aube se diluent doucement.

Posé sur son buvard de brume

Chaque arbre est un dessin d'herbier –

Mémoire accroissant cercle à cercle

Une série d'alliances."

SANDRA PLANTIVEAU : "Le temps devient une mesure du dessin au même titre que les dimensions"

Fascinée, inspirée, submergée, transcendée par l’acte même de dessiner… Il est difficile de définir la posture qu’adopte Sandra Plantiveau dans son travail, tant elle semble mue par un besoin plus que vital d’explorer, explorer et explorer toujours plus avant ce qui fait la matière même du dessin. Et nous d’être fascinés, inspirés, submergés, transcendés par ses créations.

Destruction naturelle : Sandra Plantiveau vs. Piet Mondrian

Fruit d’un geste long et minutieux, les dessins de Sandra Plantiveau sont des explorations immersives de la matière. Matières minérales et végétales (pierres, écorces de bois…) qu’elle représente, mais aussi matière même du dessin : fibres du papier comme grain du crayon. À travers une série de peintures d’arbres, Piet Mondrian fut, lui, un des premiers à s’affranchir de la figuration. À la représentation naturelle des choses, il préfère la « représentation des lois qui tiennent la matière ensemble ». L’un comme l’autre se jouent de la frontière toujours plus ténue avec l’abstraction.

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