ENTRE2. D’une image à une autre, une histoire se crée.

Oubliés

D’une œuvre à l’autre (sculptures, dessins, installations), le duo d’artistes Martine Feipel et Jean Bechameil interroge l’expérience et la perception de l’espace. A travers leur série de douze dessins découpés Dernier Souffle, ils évoquent la beauté des barres d’immeuble de banlieue dynamitées, s’effondrant dans un ultime sursaut. Dans sa série de photographies Olaf, Pierre Toussaint tente, avec pudeur, d’approcher un SDF ayant trouvé sur les bords du Rhône un ultime refuge, loin de l’agitation du monde qui l’a depuis longtemps oublié.

Elémentaires

Entre le végétal et l’organique, les sculptures monumentales d’Henrique Oliveira surgissent des lieux qu’elles envahissent, telles des tumeurs architecturales. Faites du même bois que celui utilisé pour construire les palissades des chantiers au Brésil, ces excroissances sont la métaphore des favelas qui poussent de façon presque endémique dans son pays d’origine. De son côté, herman de vries, dans un approche contemplative et presque mystique de la nature, dresse l’inventaire de feuilles d’arbres, de fleurs, de bouts de bois ou encore de pierres récupérées au hasard de ses voyages, avec la volonté de montrer « l’universalité du paysage et la réalité primaire de la nature ». De leur rencontre naît une spectaculaire douceur.

Empreintes

Dans sa série Nomenclatures, Victoria Knights s’emploie à mesurer, avec la précision d’un dessin technique, les traces d’encre laissées au hasard du papier par les paumes de ses mains. Une spontanéité du geste qui se confronte à la rigueur des chiffres, et confine à l’absurde. Avec Oma’s Kitchen Floor, Oliver Beer recycle le lino de la cuisine de sa grand-mère pour le transformer en une toile immense qui, une fois accrochée au mur, se fait dessin dans le temps et dévoile l’image fantôme de quarante années d’une vie. Entre les deux quoi ? On vous laisse voir.


Je vais et je viens

Dans La Mer, Ange Leccia filme d’un point de vue frontal inhabituel le va-et-vient des vagues sur le rivage corse, où, dans un mouvement régulier, l’écume blanche vient s’échouer sur le sable noir. Dans Les Oiseaux, Laurent Grasso capture le vol de milliers d’étourneaux au-dessus de la ville de Rome, chorégraphies célestes pleines de mystères, lointaines réminiscences des augures antiques. D’une vidéo à l’autre, un dispositif minimaliste qui invite à la contemplation, provoque l’abstraction et défie l’intemporalité.

Du lien

Dans ses shootings pour des magazines de mode comme dans ses travaux personnels, Fergus Padel capture la lumière douce qui vient caresser les corps qu’elle photographie, leur donnant un sentiment de sincérité à fleur de peau. Grégoire Gitton, lui, s’amuse à détourner les images de notre monde contemporain (pornographiques notamment), qui, une fois transposées par le biais du dessin, deviennent, de par la délicatesse du trait et l’attention portée aux détails, des images précieuses. Ici et là, une connexion émotionnelle, une intimité relationnelle, authentique ou forcée, mais toujours exhibée.

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