ENTREmêler. Une création contemporaine rencontre une œuvre classique.

GERAUD SOULHIOL : « Je transforme les stades en structures mutantes et anachroniques »

La série de dessins Arena, où des architectures impossibles et intemporelles semblent tout droit sorties d’un univers parallèle, a fourni le point de départ à Géraud Soulhiol d’un projet qui se déploie aujourd’hui dans la troisième dimension et expérimente des technologies nouvelles, dont il nous explique les multiples pistes de réflexion.

Etreintes brisées : Géraud Soulhiol vs. Hubert Robert

Dans ses dessins au porte-mine de la série Arena6)Géraud Soulhiol dévoile des édifices hybrides fourmillant de détails, où s’entrechoquent architectures réelles et inventées. Des fantaisies minutieuses comme autant de vestiges de civilisations ultérieures déjà disparues. Au XVIIIe siècle, Hubert Robert, qu’on surnommait le « peintre des ruines », se fit quant à lui une spécialité dans la représentation de paysages imaginaires (les capricci) inspirés de son voyage en Italie, où les constructions de pierre abîmées par le temps restent empreintes d’une poésie nostalgique. Chez l’un comme chez l’autre, ces utopies architecturales blessées mêlent passé et présent, et tendent vers un futur incertain.

SANDRA PLANTIVEAU : "Le temps devient une mesure du dessin au même titre que les dimensions"

Fascinée, inspirée, submergée, transcendée par l’acte même de dessiner… Il est difficile de définir la posture qu’adopte Sandra Plantiveau dans son travail, tant elle semble mue par un besoin plus que vital d’explorer, explorer et explorer toujours plus avant ce qui fait la matière même du dessin. Et nous d’être fascinés, inspirés, submergés, transcendés par ses créations.

Destruction naturelle : Sandra Plantiveau vs. Piet Mondrian

Fruit d’un geste long et minutieux, les dessins de Sandra Plantiveau sont des explorations immersives de la matière. Matières minérales et végétales (pierres, écorces de bois…) qu’elle représente, mais aussi matière même du dessin : fibres du papier comme grain du crayon. À travers une série de peintures d’arbres, Piet Mondrian fut, lui, un des premiers à s’affranchir de la figuration. À la représentation naturelle des choses, il préfère la « représentation des lois qui tiennent la matière ensemble ». L’un comme l’autre se jouent de la frontière toujours plus ténue avec l’abstraction.

ARMELLE CARON : « Je ne tiens pas à poétiser le monde, il s’en charge lui-même »

C’est d’abord un rapport tout personnel qu’Armelle Caron entretient avec les cartes. Pourtant, derrière ce système de représentation constitué de lignes, de couleurs et de symboles, l’artiste trouve avant tout de pures formes graphiques, des dessins en somme, avec lesquels elle se plaît à jouer pour faire apparaître les images d’une rêverie poétique du monde.

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