ENTREtien. Une personnalité se dévoile.

FELICE VARINI - Suite en échos de couleurs

Entre la Cité de la musique et le Zénith, les pièces picturales de Felice Varini réorchestrent la Villette en suites. Ce peintre atypique éclate le traditionnel cadre de la toile en une symphonie de couleurs et de formes, déployée en anamorphose dans les trois dimensions de l’espace. De la grande halle rythmée d’arcs orangés aux salles du pavillon Paul-Delouvrier, chorégraphiées de figures géométriques colorées, le spectateur se bal(l)ade dans de métamorphiques tableaux, partitions de musique visuelle aux mille résonances possibles.

GERARD MORDILLAT : « Il suffit de sortir un peu pour comprendre que l’intelligence est dans la rue ! »

A l’occasion de la sortie du livre Le Miroir voilé et autres écrits sur l’image, étonnante compilation de textes, de poèmes et d'inédits  articulés autour du rapport image/écriture, nous avons rencontré Gérard Mordillat dans le cadre participatif de l’exposition Flamme éternelle, présentée par Thomas Hirschhorn au Palais de Tokyo. Installés sur des canapés en carton autour d’un feu en plein musée, voici ce qu’une petite vingtaine de personnes à entendu ce jour-là.

GEORGES ROUSSE - Du vertige topographique au vestige photographique

A l’occasion de l’exposition Utopies partagées, les murs du Plateau se partagent en autant de fenêtres ouvertes sur un imaginaire utopiste. Sur les clichés grand format, issus de trente années de travail à travers le monde, de Bourgoin-Jallieu à Bombay, en passant par Palerme, Houston, Montréal, se télescopent les multiples talents artistiques de Georges Rousse,  photographe mais aussi architecte, sculpteur, dessinateur… et poète, métamorphosant le réel le plus brut à travers le filtre de l’anam-or-phose. Au cœur des « lieux vides », selon les mots mêmes de Georges Rousse, qu’il investit – bâtisses désaffectées, cellules de prison,  théâtre calciné ou bidonvilles –, son subjectif objectif perce des trouées de rêve. Voyant, au sens poétique du terme, Georges Rousse accomplit de vestigineuses métamorphoses, du hasard d’un vestige au vertige de son regard.

MICHAËL BORREMANS : "Je suis comme un pompier, quand il y a un feu je dois y aller"

Michaël Borremans dégage ce quelque chose qui fait qu’il plaît. On aime son accent belge, ses tournures de phrases. Un peu caustique et très franc à la fois. Un artiste qui guette son œuvre, jusqu’à ce qu’elle l’étonne. Qu’il y ait cette distance qui s’installe, qui l’emporte ailleurs. Une œuvre qui vaille pour la représentation, l’illusion de ce qu’elle présente et qui ouvre en même temps sur autre chose. C’est lorsque l’image renvoie à plusieurs signifiés qu’en émane une puissance évocatrice complexe. Borremans fait en sorte d’accueillir l’œuvre en lui. Un rituel, un lieu et… il attend. Il attend jusqu’à ne plus pouvoir tenir, jusqu’à ce que la jouissance créative le déborde. Et là on touche au sacré.

FRANCIS HALLE - Structures organiques

Francis Hallé me reçoit chez lui, à l’heure du petit déjeuner, entouré de nombreuses plantes exotiques. Tout en devisant, il goûte un peu de nectar de minuscules fleurs blanches de hoya. Botaniste passionné, il a passé sa vie à explorer les forêts tropicales, à l’aide notamment du radeau des cimes, une construction ultralégère permettant aux scientifiques de se poser directement sur la canopée. Des décennies de recherches l’ont conduit à étendre le regard qu’il porte sur la forêt, organisme aux qualités surprenantes, dont il poursuit l’exploration. Suivons-le et essayons de comprendre : qu’est-ce qu’un arbre ?

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