ENTREtien. Une personnalité se dévoile.

MATTHEW PICTON - Réalité augmentée

Maquettes conçues à partir de pages de romans ou de partitions de musique, dentelles de films plastique qui se superposent… Avec méticulosité, Matthew Picton élabore des cartographies dans l’espace et le temps. Des traditionnels plans de ville il s’éloigne pour complexifier ce qui n’est habituellement qu’une abstraction faite de lignes, de couleurs et de symboles, et l’enrichir de toute une histoire passée. Car pour cet ancien étudiant en sciences politiques, la ville est cet organisme vivant à la structure façonnée au fil des siècles par les bouleversements sociaux, politiques ou économiques qu’elle a traversés.

FRANCOIS MORELLET : "Je me suis toujours méfié des génies"

A 88 ans, François Morellet, éminent membre de la corporation des Rigoureux Rigolards, persiste et signe : il n’y a pas plus de génies que de mystère de l’art. Pour lui qui vient de réaliser sa 135e intégration architecturale au Palais-Royal, seul compte le spectateur, celui qui regarde et donne du sens à l’œuvre. Entretien en toute simplicité avec cet adepte de l’autodérision fan de Devos et d’Alphonse Allais.

MARK COHEN - Attention aux détails

C’est dans un lieu unique, sa ville natale de Wilkes-Barre, cité minière en déclin de Pennsylvanie, que Mark Cohen a fondé son oeuvre. Loin de toute intention documentaire, le photographe a cherché, en déambulant encore et toujours dans les mêmes rues pendant près de quarante ans, son Leica à la main, à fouiller les corps et en extraire des fragments. Point de visage, point de rencontre. Mais des entrées en collision avec ses sujets, qui tentent de rendre compte de la beauté élémentaire des lignes et des formes. Une posture singulière pour cet héritier de la street photography, qui, sans jamais interrompre sa marche, capture à l’instinct des moments qu’il relâche aussitôt.

LAURENT MULOT - Imaginaires géographiques

De passage à Lyon à l’occasion de la Biennale d’art contemporain, Laurent Mulot expose Les Fantômes de la liberté, territoires et expérimentations, un programme « géo-poétique » où l’improbable rejoint le sensible, dans un questionnement entre art et science. Rencontre avec un artiste acquis au dépassement de toutes les frontières au bon endroit au bon moment.

ARNO RAFAEL MINKKINEN : "Ce que subit mon corps n'est rien d'autre qu'un moyen d'atteindre un nouveau concept de la figure humaine."

Aux Rencontres photographiques d’Arles cet été, sous le charme nous sommes tombés. Des clichés noir et blanc d’une sensualité tendre et ferme à la fois. Les membres d’un corps nu qui émergent au sein d’environnements pleins, purs ou turbulents. Une union simple, évidente, parfois absurdement drôle. Des tensions aussi, dans ce corps anguleux soumis à dure épreuve. Une question de limites que l'on repousse. "Art is risk made vbisible" signe dans ses mails le photographe Arno Rafael Minkkinen.

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