ENTRE et la peinture

Voyages élémentaires : Bouchra Khalili + J.M.W Turner

Cartes du ciel épurées, les Constellations de l’artiste franco-marocaine Bouchra Khalili se révèlent parcours migratoires où les frontières et les territoires n’existent plus, où seul le trajet lui-même subsiste. Trajet que viennent envelopper les flux élémentaires et picturaux des paysages atmosphériques du peintre britannique J.M.W. Turner. Autant de traversées rêveuses et poétiques où l’on embarque le vague à l’âme.

Mélancolies fauves : Zachary Ayotte vs. François Boucher

Les photographies de Zachary Ayotte sont des gestes spontanés, instinctifs. Se laissant porter par ses sensations, il capte ces moments souvent indescriptibles qui illuminent le quotidien d’une vie à deux, comme autant de souvenirs instantanés déjà teintés de mélancolie. En regard, les toiles de François Boucher apportent leur touche de sensualité et de préciosité. Avec une prédilection pour les nus féminins, celui qui fut le peintre des mythologies galantes aimait aussi à s’introduire, à travers la peinture, dans l’intimité des boudoirs des grandes bourgeoises de son temps.

Votre attention - Marcus McAllister

Impossible de croiser Marcus McAllister, artiste d’origine américaine installé à Paris depuis 1996, sans son carnet à la main. Extension de son corps, cet « estomac onirique », comme il aime à l’appeler, lui permet de digérer les idées et les images qui lui viennent à l’esprit au hasard du quotidien. Dans ses pages, complexes et oniriques, s’enchevêtrent dessin, écriture et aquarelle, figuration et abstraction, symbolisme et surréalisme. La part intime et spontanée de son œuvre.

MIRCEA SUCIU : "Le contexte n’est qu’une excuse pour se justifier de mauvaises actions"

Dans un univers oscillant entre réalisme historique et ironie surréaliste, les toiles en noir et blanc et les dessins au fusain de l’artiste roumain Mircea Suciu mettent en scène un constat cinglant : la tendance humaine à toujours répéter les mêmes erreurs à travers l’histoire, et l’incapacité de l’homme à apprendre de son passé. Le propos est brut et engagé, l’œuvre ne l’est pas moins.

Temps suspendu : Mircea Suciu vs. les natures mortes hollandaises du XVIIe siècle

Dans l’univers sombre qui se déploie à travers les œuvres de Mircea Suciu, les personnages mis en scène par l’artiste semblent prisonniers de situations qui les dépassent, et dont les ficelles seraient tirées par des forces absentes de la représentation, mais néanmoins terriblement présentes. Au contraire, c’est bien l’homme qui est absent des natures mortes hollandaises du XVIIe siècle. Et pourtant, avec une forte connotation moralisatrice à décoder qui lui est clairement destinée, tout est là pour lui rappeler sa vaine condition d’être humain voué à disparaître.

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