ENTRE et la photographie

ARNO RAFAEL MINKKINEN : "Ce que subit mon corps n'est rien d'autre qu'un moyen d'atteindre un nouveau concept de la figure humaine."

Aux Rencontres photographiques d’Arles cet été, sous le charme nous sommes tombés. Des clichés noir et blanc d’une sensualité tendre et ferme à la fois. Les membres d’un corps nu qui émergent au sein d’environnements pleins, purs ou turbulents. Une union simple, évidente, parfois absurdement drôle. Des tensions aussi, dans ce corps anguleux soumis à dure épreuve. Une question de limites que l'on repousse. "Art is risk made vbisible" signe dans ses mails le photographe Arno Rafael Minkkinen.

Mélancolies fauves : Zachary Ayotte vs. François Boucher

Les photographies de Zachary Ayotte sont des gestes spontanés, instinctifs. Se laissant porter par ses sensations, il capte ces moments souvent indescriptibles qui illuminent le quotidien d’une vie à deux, comme autant de souvenirs instantanés déjà teintés de mélancolie. En regard, les toiles de François Boucher apportent leur touche de sensualité et de préciosité. Avec une prédilection pour les nus féminins, celui qui fut le peintre des mythologies galantes aimait aussi à s’introduire, à travers la peinture, dans l’intimité des boudoirs des grandes bourgeoises de son temps.

Du lien

Dans ses shootings pour des magazines de mode comme dans ses travaux personnels, Fergus Padel capture la lumière douce qui vient caresser les corps qu’elle photographie, leur donnant un sentiment de sincérité à fleur de peau. Grégoire Gitton, lui, s’amuse à détourner les images de notre monde contemporain (pornographiques notamment), qui, une fois transposées par le biais du dessin, deviennent, de par la délicatesse du trait et l’attention portée aux détails, des images précieuses. Ici et là, une connexion émotionnelle, une intimité relationnelle, authentique ou forcée, mais toujours exhibée.

Stefano Marchionini - J'ai beau fouiller tout est en ordre

Avec sa série de photographies « I see around me tombstones grey », Stefano Marchionini s’attache à capter bien plus qu’une simple mélancolie pour le lieu de son enfance, près du lac Majeur en Italie. Magnifiant des détails à première vue insignifiants mais qui dans son regard prennent sens, il parle avec pudeur et simplicité de ce sentiment d’intimité qui le lie à sa famille et lui donne l’impression d’être chez lui près d’eux, malgré les années passées à l’étranger.

Benjamin Isidore Juveneton / André Gide

« Je me suis fait rôdeur pour pouvoir frôler tout ce qui rôde : je me suis épris de tendresse pour tout ce qui ne sait où se chauffer,  et j’ai passionnément aimé tout ce qui vagabonde. »

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