ENTRE et la photographie

Marie Aerts : De l’art de « saper » le vide dans un costume-cravate

Taillé dans un costume-cravate, le vide prend la forme d’une silhouette humaine chez Marie Aerts. Ou plutôt est-ce l’homme qui se vide, « se sape » (dans tous les sens du terme ) depuis l’intérieur de son costume d’apparat. Incarnation des paradoxes qui l’animent, entre matière et éther, absurde et sacré, «  l’homme sans tête » traverse de façon obsédante l’œuvre de l’artiste. Personnage solitaire ou cloné à l’infini, il interpelle notre imaginaire de son envahissante absence.

Paul Graham : L'instant d'après

Ayant fait ses armes dans les années 80 en capturant des instants de vie dans les salles d’attente des services sociaux, Paul Graham s’inscrit dans la lignée de la photographie sociale britannique, à laquelle il ajoute toutefois une nouveauté formelle : la couleur. Parti travaillé aux Etats-Unis depuis plusieurs années, il explore, avec sa dernière série The Present (2011), notre rapport au temps en démultipliant l’instant photographique.

Simon Evans - Everything I don't understand

Avec minutie et ironie, Simon Evans élabore de façon presque obsessionnelle des listes, des inventaires, des cartes, des diagrammes, des schémas, des lexiques à partir de matériaux banals, à travers lesquels se dessinent les contours d’une géographie toute personnelle.

                        

CHRISTIANE SEIFFERT : "Je deviens cette autre chose"

Quelque chose nous a intrigués tout de suite dans son travail. Pourtant un procédé simple en soi. D’un côté une carte postale lambda, de l’autre une photographie où l’artiste se met en scène pour reproduire ce qui est présenté sur la carte. Un face à face. Une longue série avec des objets, des animaux, des plantes, des lieux d’un côté et, de l’autre, l’artiste qui les imite. Drôle, absurde, pourrait-on croire. Mais non, car Christiane Seiffert ne triche pas, elle ouvre son empathie et se met totalement à la place de. Ce qu’elle imite, ce ne sont pas les choses, mais la personnalité qu’elle voit dans ces choses. Une interprétation qui dépasse la simple reproduction des formes. Une exploration de la chose en soi au-delà de l’apparence… Enfin selon sa version, ou plutôt sa vision des choses, justement. Je reprends donc mon intro, pardon, Christiane reproduit non pas ce qui présenté sur la carte, mais dans la carte. Et nous qui nous demandions pourquoi ce travail nous avait plu…


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