ENTRE et la sculpture

ARMELLE CARON : « Je ne tiens pas à poétiser le monde, il s’en charge lui-même »

C’est d’abord un rapport tout personnel qu’Armelle Caron entretient avec les cartes. Pourtant, derrière ce système de représentation constitué de lignes, de couleurs et de symboles, l’artiste trouve avant tout de pures formes graphiques, des dessins en somme, avec lesquels elle se plaît à jouer pour faire apparaître les images d’une rêverie poétique du monde.

Tentations topographiques : Armelle Caron vs. Johannes Vermeer

De ses voyages, Armelle Caron ramène des plans de villes et de territoires, autant d’images dont elle se plaît à détourner le système de représentation, et à faire éclore la poésie visuelle. Dans ses intérieurs bourgeois, Johannes Vermeer, en accord avec les découvertes de son temps, introduit des cartographies, objets de décoration et fenêtres ouvertes sur le lointain et l’imaginaire. Et la carte géographique devient rêverie.

Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse : Ponte City, tour d'horizon

Ponte City, c’est cette tour imposante de 54 étages qui domine Johannesburg, incarnation des tourments de la société sud-africaine, de l’apartheid à la crise économique. De cette chimère architecturale, Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse ont créé une œuvre aux confins de l’archéologie et de l’anthropologie, où leurs typologies photographiques entrent en perspective avec les archives personnelles, journalistiques, techniques, publicitaires qu’ils ont recueillies, dans une installation totale qui expose les multiples facettes d’un lieu hanté par son passé et au futur jamais certain.

Chris Kenny - Labyrinthe de Pan

Les œuvres de Chris Kenny sont à la limite entre la sculpture et le dessin, des « collages-constructions » constitués de morceaux de cartes, de bribes de textes ou d’éléments de photographies, montés sur des épingles et nouvellement réassemblés pour former une seule et même pièce qui joue de l’accumulation. Et inventant par la même occasion des rapports nouveaux entre ces fragments épars, glanés ici et là…

Empreintes

Dans sa série Nomenclatures, Victoria Knights s’emploie à mesurer, avec la précision d’un dessin technique, les traces d’encre laissées au hasard du papier par les paumes de ses mains. Une spontanéité du geste qui se confronte à la rigueur des chiffres, et confine à l’absurde. Avec Oma’s Kitchen Floor, Oliver Beer recycle le lino de la cuisine de sa grand-mère pour le transformer en une toile immense qui, une fois accrochée au mur, se fait dessin dans le temps et dévoile l’image fantôme de quarante années d’une vie. Entre les deux quoi ? On vous laisse voir.


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