ENTRE et la sculpture

Heather Dewey-Hagborg : visionnaire étrangeté

Lorsque Heather Dewey-Hagborg arpente les rues de Brooklyn, ce n’est pas en quête de passants comme modèles réels, mais de traces de leurs passages comme matériel de modélisation virtuelle. Et l’ADN prélevé sur un mégot (ou autre relique salivaire) de révéler, par une opération de voyance génétique, le visage de son étranger propriétaire ! Etranges masques issus d’intimes vestiges… Fi du dessin et de la photographie, place à la biologie moléculaire et à l’informatique. Et l’art séculaire du portrait de devenir science visionnaire du « portrotype » ?

Marie Aerts : De l’art de « saper » le vide dans un costume-cravate

Taillé dans un costume-cravate, le vide prend la forme d’une silhouette humaine chez Marie Aerts. Ou plutôt est-ce l’homme qui se vide, « se sape » (dans tous les sens du terme ) depuis l’intérieur de son costume d’apparat. Incarnation des paradoxes qui l’animent, entre matière et éther, absurde et sacré, «  l’homme sans tête » traverse de façon obsédante l’œuvre de l’artiste. Personnage solitaire ou cloné à l’infini, il interpelle notre imaginaire de son envahissante absence.

Les horribles beautés de Choi Xooang

Entre l’hyperréalisme de sa facture et l’onirisme virant parfois au cauchemardesque de son univers, le travail du jeune artiste coréen Choi Xooang nous fait basculer d’un monde à l’autre en un battement de cils.

Songe d'une nuit d'été : Choi Xooang vs. Caspar David Friedrich

Mais à quoi peuvent donc bien songer les personnages des toiles de Caspar David Friedrich ? Aux confins de l’univers, entre ciel, terre et mer, que peuvent-ils bien imaginer dans leurs rêveuses méditations ? Les créatures, difformes, inquiétantes, comme tout droit sorties d’un cauchemar, de Choi Xooang, peut-être…

Le Palais idéal du Facteur Cheval : du lithique au lyrique

Nous sommes en 1879 lorsque, durant l’une de ses tournées, Ferdinand Cheval, facteur de la Drôme, percute la pierre qui deviendra la première de son « Palais idéal » et qu’il achèvera 33 ans plus tard. Comme modelée dans l’irréel, la construction lithique devient château lyrique, vaisseau d’un envol immobile vers un rêve de poète. A l’occasion du centenaire du Palais idéal du facteur Cheval, Marie-José Georges, directrice des lieux, retrace la naissance d’une œuvre d’art inspirée et inspirante.

Pages